jeudi 19 mars 2009

Albert Falzon sur Longboard Dossen 2

Bonjour à toutes et à tous comme promis la suite de l'interview avec Albert Falzon.

Longboard Dossen : Morning Of The Earth semble être davantage qu’un film de surf, plutôt une expérience sonore et visuelle. C’était voulu ?

Albert Falzon : Je voulais juste faire un beau film sur ce que j’aime : surfer. Et à ce moment là, faire Morning Of The Earth était ce qu’on pouvait faire de mieux.



LD : Aviez-vous une formation artistique pour vous guider dans cette expérience formelle ?

A.F : Il est important de faire ce que tu aimes…penser à ce que tu aimes faire. Pour moi, c’était peindre des images avec ma caméra. Si j’avais vécu 200 ans plus tôt en France, peut-être aurais-je été peintre. Maintenant, la caméra est l’outil moderne pour peindre des images, et vraiment pas de besoin de beaucoup de formation artistique, ça s’apprend vite-c’est TA vision qui compte, ce que tu vois, et la lumière…Comprendre la lumière et ses variations subtiles fait les grands films ou les grandes photos.

LD : Vos relations à l’Art sont fortes. Peu de gens connaissent vos relations avec Brian Eno.

A.F : Nous avons fait quelques prises au Cachemire-en suivant les cours d’eau. C’est un pays-jardin, magnifique. Dans le même temps, nous sommes allés le long du Gange pour filmer le rassemblement sacré du Kumbha Mela. C’est le plus grand pèlerinage du monde, qui a lieu tous les douze ans. Des centaines de milliers de Saddhus (les hommes saints)se retrouvent là. C’est un rassemblement très spectaculaire. Nous en avons fait un film qui s’appelle « Same as it ever was », et portés par notre bonne fortune, nous avons pu utiliser la musique de Brian Eno des Talking Heads, et de Harold Budd, compositeur de musique contemporaine et d’ambiente.

La première partie du film est une promenade méditative sur les cours d’eau du Cachemire qui en fin de compte se transforme en imagerie bizarre du Kumbha Mela avec comme trame la musique de l’album des Talking Heads « Remain in the light ». C’est un film très surréaliste. Quand je suis allé voir Brian Eno pour lui montrer un pré-montage du film et demander l’autorisation d’utiliser quelques uns de ses mo
rceaux, et bien que plusieurs personnes m’aient dit des choses bizarres sur Brian, je ne les ai pas réellement ressenties en écoutant ses premières compositions d’ambient-classique. C’est assez incongru d’être un genre de drogué un peu « bizarre » et de produire des musiques aussi magnifiques.Il a visionné le film et m’a dit qu’il avait été approché par de nombreux réalisateurs qui voulaient utiliser sa musique, et dont les films étaient soit excessivement dramatiques soit trop agressifs, alors que je lui montrais un film classiquement simple, presque zen. Il l’a aimé et m’a dit l’avoir regardé une douzaine de fois en quelques jours.

ci-contre, Harold Budd et Brian Eno.

« Plateau Of Mirror » d’Harold Budd, produit par Brian Eno, que nous utilisons dans le film est de loin mon album favori.

LD : George Greenough n’a pas seulement dessiné des planches et des ailerons, mais également tourné deux films :« Innermost Limits of Pure Fun » et « Crystal Voyager ».Est-ce une de vos influences ?

A.F : George a un caractère très excentrique. J’ai eu la chance de passer un an à Santa Barbara avec lui sur le tournage de Crystal Voyager. La plupart du temps nous étions tous les deux et je l’aidais à construire son bateau tout en filmant des séquences du film. Souvent nous allions sur des îles privées au large de Santa Barbara, appartenant à de riches californiens, pour surfer.
Tant que nous ne franchissions pas la limite de la marée haute sur la plage, nous pouvions surfer là-bas, sans personne hormis les dauphins, qui nous accompagnaient à chaque fois. Et bien sûr, en surfant depuis son bateau, jamais nous ne franchissions la limite de leurs propriétés.
C’était le bon temps et j’ai un immense respect pour George. En plus de son incroyable façon de filmer le tube, c’était juste super de traîner avec lui.

LD
: Diriez-vous qu’à votre tour vous avez influencé Andrew Kidman ?

A.F : Il y a une magnifique lumière en Australie. On s’en rend compte quand on voyage ailleurs. En Europe, elle est douce et subtile comme en Asie ( bien qu’ici cela aie beaucoup à voir avec la pollution). L’Australie a une lumière forte virtuellement à l’abri de la pollution et en plus nous avons quantité de paysages « vides », sans trace humaine, c’est un paradis pour photographier la nature. C’est pourquoi les cameramen australiens sont demandés partout dans le monde. Ils sont capables de trouver et de travailler la lumière naturelle plus que tous les autres.

La suite ce week-end...

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