jeudi 7 octobre 2010

Olivier Longuet : in the irish coves


C'est sur les chemins de la culture et du surf que j'ai rencontré une personne attachante. L'histoire a voulue que nous nous rencontrions à Lorient sur le Festival Interceltique par amitié et sympathie réciproque.


Olivier Longuet est né en France en 1975. Son enfance a été bercée par la cité corsaire de St Malo en Bretagne puis vers Angoulême. Surfeur, Il profite des vagues de la côte sauvage pas loin de Royan vers ses 16-17 ans. Olivier peint, et quand on lui pose la question de quand il a commencé, il répond avec un sourire : "Je me rappelle simplement que je dessinais sur mes cahiers d'école depuis tout petit..."

Sachant qu'Olivier est un peu loin pour prendre un verre et discuter, je l'invitais à un apéro visio conférence.

Longboard Dossen : Salut à toi noble écumeur écumé ! Je te parlais de l'interview (interviou en breton) mais on ne va pas le faire comme ça de façon trop formel. Je prends le temps ainsi de boire un verre toi même si ce n'est pas au coin du feu (Olivier à la crève mais le sourire).

Olivier Longuet : Pour moi se sera verre d'eau et vitamine C !

L.D : Foutu Automne ! Dis-moi Olivier, il faudrait que je te présente parce que beaucoup ne te connaissent pas autant que moi, alors je te présente un peu avant mais il y'a une question qui me turlupine : Qu'est-ce qu'un gars comme toi fait en Irlande ?

O.L : En fait, je suis arrivé en 1998 et j'étais venu pour une année de maîtrise d'anglais, et je savais même pas qu'on pouvait surfer ici. Bref étant étudiant, ce qui devait arriver arriva : au bout de 2 mois plus d'argent. Et donc je suis devenu standardiste dans une boîte informatique sur la côte Est de l'Irlande.

L.D : Aie la tuile ! La faute aux fameux pubs irlandais ? (rires communs) Et donc si on parle surf, tu n'as pas commencé tout de suite en Irlande ?

O.L : Il faut dire que c'est un peu difficile sur la côte Est. Non, ce qu'il s'est vraiment passé c'est que j'ai bougé vers l'ouest pour mon travail et j'y ai déposé mes valises, et j'ai pris conscience qu'on pouvait surfer , mais 3-4 ans après mon arrivée ici.
Au début je n'avais pas ma combinaison et en retournant en France j'ai pris mon matos, mais je me suis très vite rendu compte qu'une petite 3/2 c'était un peu léger et que si je continuais comme ça je serai devenu un pilier de comptoir à force de boire des verres pour me réchauffer ! Et puis avant je surfais sur la côte sauvage pas loin de Royan dans le shorebreak (c'était fun) et arrivé en Irlande, j'ai eu un petit choc thermique, mais les vagues étaient tellement belles...

L.D : On parle de comptoir, mais je sais que tu es musicien ( Olivier a fait parti de la délégation irlandaise pour le Festival Interceltique de Lorient), mais tu joues de quoi ?

O.L : Je suis un peu touche à tout. Principalement je joue du bouzouki ( C'est un luth à manche long fretté ) mais aussi d
u whistle (petite flûte traditionnelle) du low whistle (Grande flûte à bec), de la flûte traversière irlandaise et un peu d'uilleann pipe et aussi... Olivier réfléchi... Hummm...

L.D : Un peu de guitare aussi ? (rires communs)... Bref tu es un artiste accompli. Mais si on parle de dessin et de peinture, ça vient d'où tout ça ?

O.L : Ben honnêtement je sais pas. Il faut que je retrouve mes premiers cahiers d'école (rires). Mais je pense qu'à partir de la 6ème j'ai pris le pli sérieusement. De toute façon j'étais bon en dessin, en anglais et en musique...

L.D : Hahaha, un destin tout tracé alors ?


O.L : (rires) ouais peut-être mais je le dois aussi à mon grand-père qui était peintre et aussi à ma
maman.

L.D : Je sais que tu utilises pour tes toiles la peinture à l'huile. Utilises
-tu d'autres techniques ?

O.L : Je suis comme toi un autodidacte donc j'expérimente aussi un peu, je fais des tests, je me laisses aller selon mes envies. J'ai bossé aussi aux feutres pantones et bizarrement j'y reviens parfois. Pour les peintures sur surfs, j'utilise de l'acrylique ainsi que pour les fresques murales. Sinon à part ça, il me faut toujours de la musique, ou un film en fond. Ca m'arrive de laisser un travail de côté et de mettre l'album en pause ou le film et de le remettre précisément en route là où je m'étais arrêté... Je peux pas bosser en silence en fait.

L.D : Quand on regarde ce que tu fais, on retrouve l'Irlande, la musique et le surf bien entendu...

O.L : Autant peindre ce que l'on aime. Quand on peint sans se faire plaisir, où est l'intérêt ?

L.D : Je pense que tu as eu des influences niveau peinture, non ?


O.L : Ashton Howard, est un type qui a une technique fantastique, j'aime vraiment beaucoup ce que réalise cet homme. Mais je peux aussi parler de Drew Brophy que j'adore. En même temps je ne peux pas oublier d'où je viens et cela se ressent beaucoup sur mes personnages. Tintin, les schtroumpfs... J'étais un abonné fidèle à Spirou magazine quand même !

L.D : (Rires communs) Bon sérieusement, Surf Artist ?

O.L : Le terme est en vogue et permet de se dénoter, de marquer une différence... D'un autre côté, on bosse sur l'art, on peint, tu le sais aussi bien que moi et cela implique une recherche constante. Je pense qu'il faut de tout. la variété enrichie le monde. Ce que je n'aime pas trop c'est le côté buisness qui peut en découler.

L.D : Tu penses à des boîtes qui profitent d'un effet de mode ? Certaines utilisent des surfeurs qui se révèlent des artistes.

O.L : Je pense que le côté trash et rebelle version décalé n'a pas trop de s
ubstance ni de technique purement et proprement. On fait cela pour être original mais les portes de la création se ferment très vite. Faire un trait c'est simple, mais le révéler, le sublimer de couleurs neutres ou vives, en aplat, en dégradé, jouer sur les effets d'ombre et de lumière etc... C'est un travail bien plus difficile et bien plus réfléchi que de faire au crayon bille noir une toile d'araignée avec cette dernière qui n'est qu'un point avec 6 traits pour les pattes en écrivant "spider" à côté.

L.D : Je vois très bien ce que tu veux dire... Revenons un peu à toi, aujourd'hui comment ça se passe ?

O.L : On va dire que ça va, j'ai une exposition en cours du côté de Dublin, je fais des sessions musicales de temps en temps et je travaille aussi et dès que je peux je mets la board dans la voiture.

L.D : A propos d'expositions et avant d'en revenir au surf, des souvenirs ?


O.L : Oh oui, je me rappellerai toujours de ma 1ère exposition. Faire des expositions c'est important mais cela demande beaucoup de temps, les gens ne se rendent pas compte d'autant que on produit des choses sans être sûre de les vendre. Pire encore, dans certains endroits on cède jusqu'à 50% du prix de vente d'une oeuvre, c'est une commission que prennent les dépositaires ou les galeries. il ya même des expositions où il faut payer en plus de cela un droit d'exposer, comme un droit d'entrée. Autant dire que soit il faut être un peu riche, soit être sûre de vendre. Je ne parle pas de la logistique et tout ce qui va avec : on va déprimé. (sourire)


L.D : Ce n'est pas le but en effet. Tu as quand même un bon souvenir d'exposition j'imagine et aussi des envies peut-être ?

O.L : Tu vas rire mais c'est certainement la plus simple. C'était à Lahinch pour la Fish Fry. J'exposais dans l'herbe avec les boards de shapers qui m'entouraient. Le 1er prix était une de mes toiles. C'était génial de pouvoir partagé avec les gens et c'est le con
tact direct qui m'intéresse le plus. Pour des futurs expos la France ça serait bien... Mieux, la Bretagne et puis le Pays Basque aussi mais plutôt dans une ambiance tranquille. Les trucs trop sérieux et hyper axés peintures dans le style : "on discute pas de peur qu'une mouche ai un arrêt cardiaque en t'entendant parler" non, c'est définitivement pas mon truc. (sourire)

L.D : le coup de la mouch
e, je vois tout de suite la scène, hahaha. "On trinque contre l'objectif de nos webcams en rigolant".
Et, tiens une question bien bête Olivier, si tu perdais l'usage de tes mains ?


O.L : Oulà !!! Je serai bien embêter ! T'as de ses
questions toi ! (rires communs)... Je sais pas... J'apprendrais à danser !

L.D : C'est vrai que je te vois vraiment
danser une Jig ou un Reel (Danses traditionnelles irlandaises) ! hahahaha
Parlons un peu de surf si tu veux bien. Mais quel est donc le quiver de Monsieur Longuet ?


O.L : Shortboard, Egg, Fish et bien entendu Longboard. Mais j'ai un sérieux problème : j'adore découvrir et donc changer de planche pour tr
ouver ce que j'aime. Bref je ne prends jamais la même board pour aller à l'eau. Dans tous les cas c'est à moi de m'adapter au matériel, sans ça, on s'enferme vite dans un truc.

L.D : Après le quiver, parles-moi un peu des tes spots ? Tu écumes quel(s) spot(s) enfin si c'est secret tu n'es pas obligé de m'en parler.

O.L : Non non il n'y a rien de secret. J'habite à 15 minutes d'un point break à l'entrée de la baie de Galway. Y'a jamais beaucoup de monde et c'est une très belle vague. Donc, Fanore mais parfois je vais aussi à Doolin et parfois Crab Island. Sinon en Inde aussi.

L.D : Un souvenir de session ?


O.L : Hummm... Quand tu joues en session avec 40 musiciens, t'es tout seul : c'est toi et ton instrument. Le surf c'est pareil: tu es concentré et c'est ta board et toi...Les moments seuls sont déjà de bons souvenirs...
Je vais te raconter un truc improbable, mais c'est un beau souvenir pour moi.
J'étais en Israël pour le travail. Et donc tu vois le truc, superbe hôtel les pieds dans l'eau de la Médite
rranée et bref j'avais l'opportunité d'aller à Jérusalem afin quand même d'y faire un tour, disons c'est une chose à faire, ça fait parti du patrimoine humain (le côté religieux ce n'est pas mon truc). Mais enfin bref c'est à faire et ça m'intéressais. Sauf que il y'avait une tempête au large qui générait des vagues. Je me suis dit : "bon sois raisonnable, vas à Jérusalem". Bref en plein dilemme, d'autant que je savais qu'une accalmie arrivait. J'allais à un rendez-vous la veille et je pris un taxi et là je discute avec le chauffeur un vieux type très sympa, je lui explique rongé par le doute ce qui me préoccupait, et là il me dit : "Jérusalem est une expérience unique, mais mon ami, surfer en Israël c'est aussi une expérience unique qui plus est, rare." Résultat, je suis aller surfer. La vague était vraiment pas terrible mais je peux te dire que ça a été un grand moment... C'était magique... Tout seul à l'eau... De façon général je préfère surfer seul ; surfer Malibu ce n'est pas un de mes rêves : il y'a un peu trop de monde pour moi. Par contre, une session en Israël alors qu'il n'y a pas de vagues ou peu là où j'étais, ça vaut presque tout l'or du monde.

L.D : Très beau souvenir en effet... On arrive bientôt à la fin Olivier et j'aurai une dernière question :
Le shape main ou industriel, toi tu en penses quoi ?


O.L : Je pense qu'au début je suis passé comme
beaucoup par l'industriel. Aujourd'hui je suis sans conteste pour les petits shapers. Je viens de terminer d'ailleurs le shape d'une de mes boards avec les conseils avisés de Paul Smith de chez Glide Surfboards. Je m'évertuais ainsi à réaliser le template de la board, et je te jure que c'est hyper délicat et pointu. Shaper sa 1ère board c'est l'apprentissage de la patience et je remercie Paul qui est un professeur fantastique. Pendant que j'étais là, Paul recevait dans son atelier un ami à lui : Zephaniah Carrigg. C'est un des meilleurs (si ce n'est le meilleur) shaper et glasseur californien, jettes un coup d'oeil sur son blog d'ailleurs : http://boarddesignbyzephaniahcarrigg.blogspot.com

Zeph est vraiment un type adorable avec qui j'ai partagé de bons moments.

Tout ça pour dire que rien n'est simple autant qu'en shape, qu'en peinture et qu'en musique, tout se travaille avec humilité et rien que pour ça je privilégie la main.

L.D : Comme à chaque fois que l'on fait cet exercice déjà on fait une playlist musicale avec une partie de tes goûts (Olivier en a pleins et écoute vraiment de tout). Mais on te laisse aussi le mot de la fin, c'est toi qui termine. Alors je te remercie déjà beaucoup pour ce moment passé ensemble comme autour d'une bonne table.

O.L : Merci aussi... Hummm... Si oui, j'ai un conseil : Laissez vous pousser la barbe pour les gars. Je viens de raser la mienne et c'est pas bien : je me suis fais taxé grave au take off aujourd'hui. Pour les filles : pas besoin de vous laisser pousser la barbe, vous avez d'autres atouts au take off. :)

Retrouvez Olivier sur Facebook :
facebook.com/olonguet
Sur le net : http://www.olivierlonguet.com





1 commentaire:

Merci pour votre commentaire et bons rides à vous !